Toxique même à faible dose
L'antimoine est un métalloïde gris argenté qui accompagne fréquemment les minerais de plomb et de zinc. Autour de Saint-Félix-de-Pallières, il figure parmi les traceurs de l'ancienne activité minière retrouvés dans les sols et les sédiments.
Dans le district minier des Cévennes, l'antimoine est étroitement lié aux minéralisations de plomb-zinc exploitées à la mine de la Croix-de-Pallières et sur les sites voisins. On le rencontre sous forme de sulfures (comme la stibine) associés à la galène et à la blende. Libéré lors de l'extraction et du traitement du minerai, il se concentre dans les haldes et les résidus de flottation. L'antimoine est moins mobile que l'arsenic dans les sols, mais son oxydation et le drainage des stériles peuvent le faire migrer lentement vers les eaux de ruissellement et les sédiments des Gardons.
Comme tous les métaux, l’antimoine ne se dégrade pas. Une fois libéré par l’activité minière, il ne disparaît jamais : il peut changer de forme chimique ou être emporté par les eaux (ruissellement, crues), mais il reste dans les sols et les sédiments pendant des siècles. Ici même, dans les Cévennes, on mesure encore aujourd’hui des métaux laissés par des ateliers miniers d’il y a plus de 800 ans (Mont-Lozère). Une mine ne fonctionne que quelques décennies ; la pollution qu’elle laisse dure bien plus longtemps.
Toxique même à faible dose. Aucun rôle utile pour l’organisme : il n’existe pas de « bonne dose », la nocivité augmente dès les faibles teneurs — ce qui explique un seuil réglementaire bas.
Cette famille indique à partir de quelle dose la substance est toxique ; elle ne remplace pas le verdict de conformité (conforme, vigilance, dépassement), qui dépend de la teneur mesurée et du milieu.
Comprendre les seuils du site ↗
Source : OFB 2026, Panorama de l’impact des activités minières…, Fig. 32 (d’après Luoma & Rainbow 2008)
| Usage | Seuil de vigilance | Seuil de dépassement | Réglementation |
|---|---|---|---|
| eau | — | — | — |
| terre | — | 30 mg/kg | IRSN 2024 |
L'antimoine et ses composés sont surveillés en raison de leurs effets potentiels sur l'appareil respiratoire, le cœur et le foie en cas d'exposition prolongée, principalement par inhalation de poussières en milieu professionnel. Sa toxicité par ingestion est réputée plus faible que celle de l'arsenic, chimiquement proche, mais les données restent moins abondantes ; l'IRSN a publié en 2024 une fiche de synthèse sur ce métalloïde. Pour la population générale, les niveaux mesurés dans l'environnement représentent une préoccupation modérée, sans commune mesure avec le plomb ou l'arsenic présents sur les mêmes sites.
Localement, l'exposition à l'antimoine passe surtout par le contact avec les sols et les poussières des zones de haldes, ainsi que par l'eau au voisinage immédiat des anciens sites miniers. La consommation de légumes cultivés sur un sol contaminé constitue une voie secondaire, l'antimoine étant peu transféré vers les parties comestibles des plantes. Comme pour les autres métaux, ce sont les jeunes enfants, portant fréquemment leurs mains à la bouche, qui présentent la sensibilité la plus élevée à l'ingestion de particules de terre.
+ 83 autres stations mesurées le long des cours d’eau.
Voir les points de antimoine sur la carte
Les statuts (conforme, vigilance, dépassement) sont établis en comparant chaque valeur mesurée aux seuils réglementaires applicables selon l’usage du terrain. Consultez les seuils réglementaires par usage et la foire aux questions pour la méthodologie complète.